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P.L.M   

Lenteur et diligence

 

Chaque époque a ses références : ce qui un jour est l'exemple même de la vitesse devient plus tard le mètre étalon du manque de rapidité.

 

La lenteur a souvent été célébrée par la marche, considérée comme un transport de soi autonome, un déplacement dans et avec le paysage.

L'arrivée du train, cette "immobilité motorisée", vient perturber ce rapport et offre un élément de comparaison avec la nécessité naturelle de marcher.

Nous devenons spectateurs : à travers une fenêtre (cadre), nous assistons au défilement du paysage.

On peut penser que nous y perdons quelque chose de soi : notre participation, notre inscription dans le monde.

Nous ne marchons plus mais nous avons le temps de voir le paysage bouger comme sur une toile peinte et mobile d'une scène de théâtre ou une incrustation dans l'image d'un vieux film.

Mais plus la vitesse devient grande plus le paysage (pays) disparaît, et nous ne pouvons plus que nous contempler nous-mêmes.

 

Le Cévenol est un train animé d'un mouvement continu et peu intense. Il était le seul à franchir les montagnes accidentées et longtemps inaccessibles de ces paysages.Il se hâte, mais comment pourrait-il "aller vite".